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Doc, Difool, Cauet, Tabatha Cash, J.C., Maître Lévy
et vous même... Les animateurs des radios FM ont beaucoup
fait parler d'eux, ces temps-ci, suite à des propos
excessifs tenus à l'antenne. La dérive n'est·elle
pas grave?
Maurice. - Mais il
y a eu pire sur la FM! Sauf qu'avant, on ne l'écoutait
pas. Moi, ça fait douze ans que j'y traîne.
Aujourd'hui, on en parle davantage. La presse se tourne
de plus en plus vers la FM, parce que c'est devenu «vendeur».
- Sur Skyrock,
un animateur s'est réjoui de la mort d'un policier.
Sur Fun Radio, un autre a ironisé sur le camp d'Auschwitz.
On ne peut quand même pas tout se permettre !
- Si. On peut tout
se permettre. Mais il faut être certain de savoir
pour quelle raison on le fait. Il y'a un moment où
il faut pouvoir se justifier. Si on ne peut pas le faire,
alors, c'est la faute professionnelle. J.C. et Cauet ont
fait des fautes, ils ont payé.
- Y a t'il des
choses que vous ne faites pas ?
- Quand je dis quelque
chose, suis je capable de le justifier? Tout mon comportement
tourne autour de ça.
- La caractéristique
de votre émission, «Maurice, Skyrock 22 heures»,
c'est de raccrocher brutalement au nez des auditeurs. Comment
justifiez-vous cela ?
- Je suis un dictateur
frustré, c'est peut-être mon côté
démocrate. Quand je raccroche au nez d'un type, c'est
qu'il n'a rien à faire là. Au lieu de lui
dire, « Ah oui, c'est très |
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bien
ce que tu racontes, mais...» et de passer de la musique,
je coupe net.
- Vous voulez
faire quoi, exactement ?
- De la radio! Mon
émission à moi. C'est une émission
où il y a de I'honnêteté. Il y a de
tout Il y a la France. Il y a des jeunes, des riches, des
pauvres, des suicidaires, des sportifs, des vedettes, des
politiciens... Je fais une émission de radio qui
ressemble a ce qui se passe aujourd'hui dans la vie.
- La FM est très
écoutée, en particulier par les jeunes. Etes-vous
conscient de la responsabilité que vous avez ?
- Nous ne sommes
pas responsables de ce qui va se passer après. C'est
impossible. Malgré tout, nous avons une responsabilité
vis-à-vis des gens pour lesquels nous travaillons,
c'est-à-dire que nous nous inscrivons dans la politique
d'une entreprise. La radio, c'est un commerce.
- Et ce commerce
actuel de la FM est-il dangereux ?
- Non, parce que
c'est le commerce de la parole. Et dans notre pays, la parole
ne vaut rien. Regardez la campagne présidentielle.
Ia valeur de la parole n'existe pas.
- Se faire remarquer
en radio attire souvent les télés. Pour vous,
Skyrock est un tremplin ?
-J'ai trop de respect
pour la radio pour la voir comme ça. Ia radio est
un réel métier. Mais c'est vrai qu'on m'a
appelé. Ia télé? Pourquoi pas.
Propos recueillis
par Nicolas HELIAS |
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