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d'abord une voix qui pèse d'une vraie force physique.
Maurice ne laisse pas indifférent. Il horripile ou
passionne. Après avoir été la voix qui
dérange de Oui FM et de Skyrock, voici l'électron
libre Maurice Radio Libre (cela s'écrit R@dio Libre,
par référence aux forums d'Internet) offert
aux radios indépendantes.
Il
est en effet le premier en europe à importer le système
de "syndication" bien connu en Amérique du Nord,
et auquel le CSA vient tout juste de conférer le
statut légal de respectabilité. Pour les radios
intéressées, dont Wit FM, le système
fonctionne comme un libre-service : elles relaient les émissions
qui les intéressent en se servant sur un satellite.
Le financement est assuré par le producteur, via
la publicité.
"DES
ARGUMENTS"
Maurice
Radio Libre est né l'été dernier dans
les studios de Wit, parce que Maurice cherchait un lieu
ami où se poser. Depuis, il a regagné Paris,
puisqu'il est adossé à Starling productions,
entreprise audiovisuelle
basée dans
le 15ème arrondissement.
Tous
les soirs, du lundi au vendredi, de 21 heures à minuit,
il ouvre
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l'antenne
à ses auditeurs pour un forum
qui constitue sans doute le plus vaste espace de liberté
de toute la radio. "Tout le monde peut s'exprimer, à
la seule condition d'avoir des arguments", prévient
Maurice, qui, comme Voltaire, se battrait pour laisser passer
sur son antenne une opinion contraire à la sienne,
avec toutefois des limites, qui excluent les vociférations
contraires à la dignité de
humaine : "Récemment,
j'ai coupé la parole à une vieille habituée
qui tenait des propos racistes, comma ca sans le moindre argument".
A
la différence des rencontres anticipées qui
fleurissent sur les ondes, Maurice s'exprime fortement,
quitte à prendre son interlocuteur à rebrousse-poil,
ce qui porte quelques échanges à la limite
de l'incandescence. "C'est d'abord une émission de
discussion. On s'y dispute comme dans un bar, mais on ne
se bat pas", dit-il.
L'animateur
affirme qu'il garde le contrôle de son émission,
mais aussi qu'il y' a son mot à dire: "L'essentiel
pour moi" clame t'il entre deux bouffée de cigarette,
"c'est de promettre aux gens que j'existerai. On me
dit agressif ? Je ne veux pas être transparent.
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| C'est
pour cela que je veux être indépendant. La liberté
est lourde à obtenir; mais c'est son prix. Je n' ai
pas envie que l'on téléphone "à la radio".
Je veux que l'on appelle Maurice.
A
Skyrock, il prenait jusqu'à une centaine d appels
par soir. Il ne veut plus être un stakhanoviste du
débat. "C'est une émission de non-stress,
avec des auditeurs qui ont quelque chose à dire.
Si il le faut, je peux garder la même personne au
bout du fil pendant trois heures".
Pour
cet atypique, fou de moto et qui, entre ses activités
dans un fanzine, son garage de la Porte d'Italie et la radio,
travaille dix huit heures par jour, tous les sujets peuvent
être abordés. Son émission dit-il, c'est
"la philosophie, la déconnade, la musique, les jeux".
En quinze ans de métiers, il estime avoir reçu
150.000 personnes à l'antenne. Il est lucide sur
les motivations qui habitent certains : "Oui, c'est clair
qu'il y'en a qui utilisent le système à leur
profit" Mais c'est la règle de l'émission
qui professe la volonté de "permettre à tout
le monde de parler".
J-P.T
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